En bref : un test A/B envoie deux versions d'un même message, au hasard, à deux moitiés de la même liste. Il ne prouve rien si vous changez plusieurs choses à la fois ou si vous concluez trop tôt. Avec 100 envois par version, un écart de quelques points entre deux taux reste du bruit.
Pourquoi tester un message plutôt que le réécrire au feeling ?
Un message réécrit au ressenti ne vous apprend rien. Vous changez trois mots, le taux de réponse bouge, et vous ne savez pas si c'est le texte, la liste, le jour de la semaine ou le hasard.
Le test A/B retire ces explications. Les deux versions partent en même temps, vers des personnes tirées au sort dans la même liste. Si un écart apparaît, il vient du message. C'est la seule situation où vous pouvez dire « cette phrase marche mieux ».
La limite : un test dit quelle version gagne sur votre cible, pas pourquoi. Le « pourquoi » reste une hypothèse que vous testez au tour suivant.
Que tester en premier ?
Testez ce qui pèse le plus sur la réponse, dans cet ordre.
- La question finale du premier message. Question ouverte ou question fermée, une seule ou deux.
- La première phrase. Un fait précis sur la personne, ou une présentation de vous.
- La longueur. Trois lignes contre six.
- La note d'invitation. Avec ou sans note. Notre article sur l'invitation avec ou sans note donne le point de départ.
Un seul élément change entre A et B. Si les deux versions diffèrent par la longueur, la première phrase et la question, vous aurez un gagnant sans savoir lequel des trois faisait la différence.
Combien d'envois faut-il avant de conclure ?
Beaucoup plus que vous ne le pensez. Un taux observé sur peu de personnes bouge énormément d'un échantillon à l'autre.
La marge d'erreur d'un taux, au niveau de confiance de 95 %, vaut environ 1,96 fois la racine de (taux × (1 − taux) / nombre d'envois) (Wikipédia, intervalle de confiance d'une proportion, consulté le 8 octobre 2026). Cette formule devient peu fiable sur de petits échantillons ou quand le taux frôle 0 % ou 100 %.
Un exemple chiffré, à lire comme un ordre de grandeur et non comme une mesure :
| Envois par version | Taux observé | Marge d'erreur (environ) |
|---|---|---|
| 30 | 30 % | 16 points |
| 100 | 30 % | 9 points |
| 400 | 30 % | 4,5 points |
Avec 100 envois par version, une version à 30 % et l'autre à 36 % ne se distinguent pas. Et l'écart entre deux versions est encore plus incertain que chaque taux pris seul. Il faut donc accepter qu'un test utile prenne plusieurs semaines.
Comment mener un test, pas à pas ?
- Fixez la mesure avant de lancer. Pour une note d'invitation, c'est le taux d'acceptation. Pour un message, c'est le taux de réponse.
- Partez d'une seule liste, tirée au sort en deux moitiés. Envoyer A le lundi et B le mardi mélange le message et le jour.
- Ne changez qu'une chose entre les deux versions.
- Attendez le nombre d'envois prévu, même si une version prend de l'avance au bout de trois jours.
- Gardez la gagnante pour les nouvelles personnes, puis choisissez le prochain élément à tester.
Un test se compte aussi en réponses utiles. Une réponse « non merci » est une réponse : si vous voulez mesurer l'intérêt réel, regardez en plus les rendez-vous obtenus. Notre guide des taux d'acceptation et de réponse donne des repères pour juger vos chiffres.
Quels pièges faussent un test A/B ?
- Conclure trop tôt. Arrêter dès qu'une version mène est la façon la plus sûre de trouver un gagnant qui n'en est pas un.
- Tester sur une liste hétérogène. Si A reçoit surtout des directeurs et B des managers, vous comparez des cibles.
- Multiplier les tests. Dix variantes sur 200 personnes ne donnent aucun résultat lisible.
- Retester les mêmes personnes. Quelqu'un qui a vu A ne doit pas recevoir B plus tard.
Comment faire dans Sales Farmer ?
Les tests A/B sont dans l'offre Growth. Sur une étape de la séquence, une note d'invitation ou un message, vous écrivez une variante B. Chaque personne reçoit A ou B, moitié moitié, et garde toujours la même version. Les résultats s'affichent sur la page de la campagne, et un verdict n'apparaît qu'à partir de 30 envois par version, avec un niveau de confiance de 90 %.
Cette règle des 30 envois est un plancher pour afficher un verdict, pas une garantie : un résultat obtenu avec 30 envois reste fragile. L'option « Garder le gagnant automatiquement » envoie ensuite la version qui l'emporte nettement aux nouvelles personnes. Avec l'offre Starter, la même méthode se fait à la main : deux campagnes sur deux moitiés de la même liste, comparées dans les analyses de campagne.
Le mode Automatique ajoute un test d'une autre nature, le test d'accroches (offre Growth, essai compris). Sur 20 à 90 personnes cochées, l'IA écrit deux ou trois accroches d'angles différents, chacune à partir d'un fait réel de la personne, et chaque personne n'en reçoit qu'une. La section « Tests d'accroches » de la page Résultats les compare. Pour chaque test, elle donne le taux de réponse de chaque accroche avec sa marge d'incertitude, et un graphique du taux cumulé jour après jour. Elle dit aussi quelle part de vos premiers messages des 30 derniers jours étaient dans un test. Aucun pourcentage avant 20 invitations par accroche, aucun gagnant sur un écart faible.
Quand une accroche se détache nettement, le bouton « Garder l'accroche A » (ou B, ou C) oriente les prochains messages de la campagne vers son angle. Vous pouvez revenir en arrière, et les messages déjà écrits ne changent pas. Un export CSV, sans donnée personnelle, sort les chiffres du test.
La limite : ce test compare des angles, pas deux phrases que vous auriez écrites au mot près. Il se lit sur LinkedIn, donc les réponses reçues par e-mail n'y sont pas comptées. Les fiches d'avant le 7 octobre n'ont pas de date : un test qui en contient n'a pas de courbe.
FAQ
Combien de messages faut-il pour un test A/B sur LinkedIn ?
Au moins 100 envois par version pour lire un écart de plus de dix points, et davantage pour un écart plus petit. En dessous de 30 envois par version, ne concluez rien.
Peut-on faire un test A/B sans outil ?
Oui. Tirez votre liste au sort en deux moitiés, envoyez A à la première et B à la seconde le même jour, puis comptez les acceptations ou les réponses de chaque groupe dans un tableur.
Que tester en premier dans un message de prospection ?
La question finale du premier message, puis la première phrase. Ce sont les éléments qui pèsent le plus sur la réponse, et ils se changent en une ligne.
Un test A/B marche-t-il avec 50 prospects ?
Il ne donne qu'une indication. Avec 25 personnes par version, seul un écart énorme est lisible. Mieux vaut cumuler plusieurs campagnes sur la même cible avant de trancher.

