En bref : pour prospecter des professionnels, la CNIL admet que la démarche repose sur l'intérêt légitime de l'entreprise, à condition que le message concerne le métier de la personne, que celle-ci soit informée (source des données comprise) et qu'elle puisse refuser simplement. Pour un particulier, la prospection par voie électronique exige un consentement préalable. Et le respect du RGPD ne rend pas l'automatisation légitime aux yeux de LinkedIn, dont les conditions d'utilisation l'interdisent séparément.
Cette page informe, elle ne constitue pas un avis juridique. Les textes et la doctrine évoluent : pour votre situation, faites valider votre pratique par un juriste ou votre délégué à la protection des données.
Peut-on prospecter des professionnels sur LinkedIn sans leur consentement ?
Oui, dans le cadre fixé par la CNIL. Sur sa page consacrée à la prospection par voie électronique, elle écrit que la prospection auprès de professionnels peut être fondée sur l'intérêt légitime de l'organisme « lorsque l'objet de la sollicitation est en rapport avec la profession de la personne démarchée ». Son exemple : un appel présentant un logiciel au directeur informatique d'une entreprise (CNIL, « La prospection commerciale par courrier électronique, SMS-MMS et automate d'appel », 10 juin 2026, consulté le 5 octobre 2026).
Le lien avec la profession compte autant que le statut de professionnel. Proposer un outil de recrutement à un directeur des ressources humaines se défend. Lui proposer une assurance auto à titre personnel ne se défend pas.
Les règles à respecter dans ce cadre, d'après la CNIL, sont l'information (par exemple lors de la collecte de l'adresse ou du numéro) et l'opposition simple et gratuite. Chaque sollicitation doit faire connaître l'identité de l'organisation qui l'émet et permettre de refuser de nouveaux messages par un moyen simple.
Ce régime a une limite que les pages de la CNIL ne lèvent pas : elles parlent de courrier électronique, de SMS et d'automates d'appel, et ne disent pas expressément si un message privé sur un réseau social en fait partie. Les principes d'information et d'opposition valent dans tous les cas, c'est la base la plus prudente.
Et pour les particuliers ?
Il faut leur consentement préalable. La CNIL est nette : la prospection par voie électronique auprès de particuliers suppose un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque, et l'acceptation de conditions générales d'utilisation ne suffit pas. Le téléphone suit sa propre règle depuis le 11 août 2026 : notre article sur la fin de la pige téléphonique la détaille. Un message LinkedIn à un particulier reste une zone à faire valider par un juriste avant tout envoi en volume.
Quelles informations donner aux personnes que vous contactez ?
Celles de l'article 14 du RGPD, dont la source des données, au plus tard lors de la première communication. La CNIL l'écrit dans sa page sur la réutilisation des données publiquement accessibles : l'information doit être « concise, compréhensible et aisément accessible » (CNIL, 30 avril 2020, consulté le 5 octobre 2026).
Dans une invitation ou un premier message, la place manque. Un montage possible : une phrase claire sur l'origine (« j'ai trouvé votre profil sur LinkedIn ») et un lien vers une page courte qui précise qui vous êtes, pourquoi vous écrivez, combien de temps vous conservez la donnée et comment obtenir sa suppression. Cette présentation est la nôtre, pas un modèle validé par la CNIL.
Une donnée publique sur LinkedIn est-elle libre de réutilisation ?
Non. La CNIL le rappelle sans ambiguïté : des données « bien que publiquement accessibles » sont des données personnelles, et elles ne sont pas librement réutilisables ni exploitables à l'insu des personnes. Elle recommande aussi de minimiser la collecte, en évitant les informations non pertinentes ou sensibles (santé, religion, orientation sexuelle).
Pour un outil comme le nôtre, qui extrait les profils d'une recherche, cela donne deux réflexes. Gardez dans votre base ce dont la prospection a besoin : un nom, un poste, une entreprise, un lien de profil. Ne notez pas ce que vous n'utiliserez pas.
Que disent les conditions de LinkedIn, à part du RGPD ?
Qu'aucun outil tiers n'est autorisé à automatiser ou à extraire. Dans sa page « Interdictions concernant les logiciels et extensions », LinkedIn déclare ne pas autoriser les logiciels tiers, y compris les robots, modules et extensions de navigateur, qui effectuent du web scraping ou qui modifient ou automatisent les activités sur le site. Elle cite la section 8.2 de ses conditions d'utilisation, qui vise aussi l'envoi automatisé de messages et l'ajout de contacts (Aide LinkedIn, consulté le 5 octobre 2026).
Ce sont deux terrains distincts. Une prospection conforme au RGPD peut enfreindre les conditions de LinkedIn, et inversement. Le premier relève d'une autorité publique, la CNIL ; le second d'un contrat entre vous et la plateforme, dont la sanction va de la restriction du compte à sa fermeture. Aucun outil, le nôtre compris, ne garantit un risque nul pour votre compte : notre page Limites LinkedIn 2026 décrit les plafonds et les délais qui limitent l'exposition.
Où sont hébergées les données avec Sales Farmer ?
L'application et ses données sont hébergées dans l'Union européenne, à Francfort. C'est un fait d'infrastructure, pas un label de conformité : en prospectant, vous restez celui qui décide pourquoi et comment les données sont utilisées, donc, en général, le responsable de traitement au sens du RGPD. L'hébergement en Europe évite une question (le transfert hors de l'Union), il ne règle pas les autres.
Combien de temps conserver les données d'un prospect ?
Trois ans, d'après le référentiel de la CNIL sur la gestion des activités commerciales : les données d'un prospect non client peuvent être conservées « un délai de trois ans à compter de leur collecte » ou du dernier contact émanant de lui. Une demande de documentation ou un clic sur un lien compte comme un contact ; la simple ouverture d'un e-mail, non. Au terme des trois ans, on peut reprendre contact pour savoir si la personne souhaite continuer à être sollicitée, sinon on supprime (CNIL, référentiel relatif à la gestion des activités commerciales, consulté le 5 octobre 2026).
Quelle liste de contrôle suivre avant de lancer une campagne ?
Cinq points, à cocher dans cet ordre :
- Finalité. Vous savez pourquoi vous contactez cette personne, et le sujet touche à sa profession.
- Minimisation. Vous ne conservez que les données dont la campagne a besoin, et aucune donnée sensible.
- Information. La personne sait qui vous êtes, d'où vous tenez son contact et où lire le détail, dès le premier message.
- Opposition. Un « non » est respecté sans discussion : selon la CNIL, la personne qui s'est opposée ne doit plus être sollicitée, ce qui suppose de tenir une liste d'exclusion. Pour un e-mail, ajoutez un lien de désinscription ; dans Sales Farmer, la séquence s'arrête de toute façon à la réponse.
- Conservation. Vous avez fixé une durée (trois ans au plus selon la CNIL pour un prospect) et vous supprimez ce qui la dépasse.
Cette liste ne couvre pas tout. Elle ne traite pas des contrats avec vos prestataires, de l'analyse d'impact quand elle s'impose, ni du registre des traitements.
Pour aller plus loin
- Limites LinkedIn 2026 : automatiser sans risque
- Fin de la pige téléphonique : trouver des vendeurs autrement
- Définir son ICP et construire une liste de prospects LinkedIn
- Limites et sécurité du compte
FAQ
La prospection B2B sur LinkedIn est-elle légale en France ?
Elle peut l'être, sous conditions : un message en rapport avec la profession de la personne, une information claire dont la source des données, et la possibilité de s'opposer simplement. Cette réponse est un repère issu des pages de la CNIL, pas un avis juridique.
Faut-il le consentement pour envoyer une invitation LinkedIn ?
Pour un professionnel contacté à propos de son métier, la CNIL admet l'intérêt légitime sans consentement préalable. Pour un particulier, le consentement est exigé en prospection électronique, et le cas d'un message privé sur un réseau social n'est pas expressément traité sur les pages consultées.
Peut-on extraire des profils LinkedIn avec un outil ?
Le RGPD s'applique aux données extraites, publiques ou non. Les conditions d'utilisation de LinkedIn interdisent par ailleurs le scraping et l'automatisation par des outils tiers : le risque porte sur votre compte.
Combien de temps garder un prospect dans sa base ?
Trois ans à compter de la collecte ou du dernier contact émanant de lui, d'après la CNIL, puis suppression ou nouveau contact pour recueillir son accord.
Comment gérer un refus ?
En l'inscrivant dans une liste d'exclusion et en ne contactant plus la personne. Sur LinkedIn, une réponse « non merci » arrête aussi la séquence dans Sales Farmer.
Sales Farmer est-il conforme au RGPD ?
Nous hébergeons l'application et les données dans l'Union européenne, à Francfort. La conformité d'une campagne dépend aussi de l'usage que vous en faites : ciblage, message, information, durée de conservation.
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